|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
 |
A partir du 11 janvier 2008 : Exposition "Art rupestre Africain" |
L'Alliance Française d'Asmara est heureuse de vous présenter l'exposition "Art rupestre africain", conçue par l'organisation TARA (Trust for African Rock Art), basée à Nairobi.
Lieu : Centre Joseph Kessel, Ararb Street n°174 . . . |
|
|
 |
A PROPOS DE TARA, LE TRUST FOR AFRICAN ROCK ART |
 |
A partir du 11 janvier 2008 : Exposition "Art rupestre africain"
L'Alliance Française d'Asmara est heureuse de vous présenter l'exposition "Art rupestre africain", conçue par l'organisation TARA (Trust for African Rock Art), basée à Nairobi.
Lieu : Centre Joseph Kessel, Ararb Street n°174. |
TARA est une ONG à but non lucratif basée à Nairobi qui s’engage à assurer la promotion et la conservation du patrimoine rupestre africain. TARA a été fondée en 1996 par le photographe David Coulson avec le soutien de la paléontologiste Mary Leakey. Ses objectifs visent à créer un archivage iconographique permanent de l’art rupestre africain avant qu’il ne soit trop tard, à partager ces inestimables archives avec le reste du monde et, autant que possible, à protéger les sites les plus menacés bien qu’isolés, du continent africain.
Depuis 1996, TARA a répertorié des œuvres rupestres dans 16 pays d’Afrique, archivé plus de 80 000 photographies, édité un livre de référence, African Rock Art, Paintings and Engravings on stone (par David Coulson et Alec Campbell), publié des articles dans les magazines National Geographic, Time USA Today, The London Times et d’autres publications internationales. TARA a également travaillé avec les gouvernements du Niger et du Kenya pour la conservation de leur patrimoine d’art rupestre, a permis de sauver de la destruction des gravures rupestres vieilles de 10 000 ans menacées par l’exploration pétrolifère, a organisé une conférence internationale sur l’art rupestre à Nairobi en 2004 ainsi que et de nombreuses expositions de sensibilisation à Nairobi, Dar-es- Salaam, Kampala et Zanzibar, produit des documents vidéo et donné des conférences… en bref assuré la promotion d’une nécessaire conservation de l’art rupestre africain dans le monde. |
Chaque continent, à l’exception de l’Antarctique, héberge des sites d’art rupestre, mais c’est le continent africain qui en recense le plus grand nombre, la plus grande diversité mais également les sites les plus anciens.
Pratiquement chaque pays d’Afrique a des sites mais la plupart d’entre eux se trouvent en Afrique du nord, dans le désert du Sahara, et en Afrique australe. L’art rupestre est composé de peintures rupestres (parfois appelées pictographes) et de gravures rupestres (parfois appelées pétroglyphes). |
En Afrique du nord, les œuvres les plus anciennes, dont certaines, magnifiques, mesurent plus de 8 mètres de haut, ont été réalisées par des chasseurs-cueilleurs de l’Age de Pierre qui ne connaissaient pas l’écriture. Plus tard, les peintures et gravures dans le Sahara ont été réalisées par des pasteurs berbères et négroïdes et, en Afrique centrale et orientale, elles l’ont été par les ancêtres des chasseurs-cueilleurs du type Twa et Sandawe/Hadza. En Afrique australe, |
 |
les artistes étaient les ancêtres des actuels chasseurs-cueilleurs Bushmen /San, des pasteurs Khoes et des fermiers de langue Bantoue. Les sites d’art rupestre ayant plus de 100 compositions sont très courants et les sites ayant plus de 1000 compositions ne sont pas rares, particulièrement en Afrique du Sud, en Namibie et dans le Sahara. |
Les plus anciennes peintures rupestres africaines ont été découvertes en 1969 dans le sud de la Namibie et ont été datées au carbone à plus de 27 000ans. Dans un abri des Matobo Hills du Zimbabwe, les archéologues ont trouvé des objets ressemblant à une palette comportant de la peinture datés de plus de 40 000 ans. Les plus anciens fragments de pigments de peintures ont été datés à 10 000 ans. Il y a quelques années, des fragments de pigments d’ocre comportant des griffures abstraites ont été trouvés au Cap, en Afrique du Sud, et datés de plus de 70 000 ans. On a trouvé à leurs côtés des coquillages d’estuaire dont on pense qu’ils proviennent d’un collier.
La plupart des experts pensent à présent que la tradition rupestre en Afrique remonte à 50 000 ans même si la majorité des oeuvres visibles aujourd’hui sont beaucoup plus récentes.
A la différence des peintures rupestres découvertes en Europe, le plus souvent situées dans des grottes calcaires, les peintures d’Afrique sont à découvert ou dans des abris peu profonds, exposés aux variations de température, au soleil, au vent, à la pluie et à l’érosion naturelle. De même, on trouve les gravures et sculptures rupestres à l’air libre, sur des falaises ou des rochers. De manière générale, l’art rupestre africain ne dépasserait pas 7000 ans et la perspective de conservation dans des conditions aussi exposées est assez mince. On a relevé quelques exceptions dans les Matobo Hills du Zimbabwe et dans le Tassili N’Ajjer, en Algérie, où les peintures rupestres ont été datées à près de 10 000 ans ; de même, certaines gravures profondes en Libye et en Algérie peuvent être plus anciennes. |
L’essentiel de l’art rupestre d’Afrique du nord se trouve dans le désert du Sahara,
en Egypte, au Tchad, en Libye, au Niger, en Algérie, au Maroc et en Mauritanie. |
 |
Les plus importantes concentrations se trouvent dans les montagnes telles que le Tibesti et l’Ennedi (Tchad), l’Akakus (Libye), le Tassili n’Ajjer (Algérie), l’Aïr (Niger) et bien sûr, l’Atlas (Algérie et Maroc). Le Tassili n’Ajjer est le site qui offre la plus grande richesse et la plus grande diversité au monde.
En Afrique centrale et orientale, l’art rupestre est présent dans la plupart des pays, même si |
l’on ne retrouve nulle part ailleurs des concentrations similaires à celles du Nord et du Sud. L’essentiel se trouve en Tanzanie mais l’on trouve également des œuvres rupestres au Kenya, en Ouganda, en Ethiopie, en Erythrée, en République Centrafricaine, au Congo et au Gabon. L’art rupestre existe dans chaque pays de l’Afrique australe notamment en Angola, au Botswana, au Lesotho, au Malawi, au Mozambique, en Namibie, en Afrique du Sud, au Swaziland, en Zambie et au Zimbabwe. On nomme la majorité de cet art dans ces régions l’art des Bushmen car on pense que les œuvres ont été réalisées par les ancêtres des Bushmen/San. Parmi tous ces pays, ce sont le Lesotho, la Namibie, l’Afrique du Sud et le Zimbabwe qui possèdent probablement le plus d’art rupestre. |
QUI ETAIENT LES ARTISTES?
Les oeuvres rupestres sont si anciennes quel l’on ne sait pas qui étaient les artistes qui les ont réalisées, sauf exception. Nous savons que la plupart des œuvres d’Afrique australe ont été produites par les ancêtres des San d’aujourd’hui, et que les Sandawe et Hadza qui vivent aujourd’hui en Tanzanie revendiquent également la paternité de ces œuvres par leurs ancêtres sur les sites de Kondoa et de Singida. D’autres peintures, représentant essentiellement des cercles et des spirales, trouvées autour du lac Victoria sont attribuées aux ancêtres des Twa.
En Afrique du nord, nous savons que les premières œuvres, datées d'environ 7000 ans, ont été réalisées par des peuplades de chasseurs-cueilleurs. Les peintures, dont celles de bétail datées de 4 500 à 7 000 ans, auraient été produites par les ancêtres des ouest africains, peut-être le peuple Fulani. L’essentiel des œuvres des 3 500 dernières années, notamment les gravures du Niger et du Mali, ont été réalisées par les ancêtres des Berbères, les Touaregs en particulier.
QUELLE EST LA SIGNIFICATION DE CET ART?
L’art rupestre est la seule trace dont nous disposons pour comprendre ce que pensaient nos ancêtres et la façon dont ils voyaient et interprétaient le monde. Cette forme d’art appartient à des cultures aujourd’hui disparues, ce qui rend plus ardu la compréhension des motivations de ces artistes ainsi que le sens de leur expression. Nombre de chercheurs pensent que cet art avait des implications religieuses et que les artistes exprimaient leur conception de la réalité et leur place dans le monde à travers celui-ci. |
Il s’agissait sans doute de moyens de communication, mais en direction de qui ?
Les artistes « Bushmen » représentaient leur vision d’un monde naturel et spirituel intégral. Faisaient-ils cela pour exprimer aux autres ce qu’ils voyaient lors de leurs transes ou bien s’agissait-il d’un moyen de contacter l’esprit de la terre et de contrôler la nature ? Au cours du XXème siècle, en Afrique centrale et orientale, |
 |
les gens ont utilisé (et continuent d’utiliser) les peintures rupestres pour attirer la pluie, retrouver des forces et venir en aide à leurs âmes lors des étapes difficiles de la vie, tels que naissance, passage à l’âge adulte, maladie et mort. Peut-être nos croyances modernes ont-elles des origines anciennes.
CONSERVATION DE L’ART RUPESTRE
L’art rupestre est fragile et irremplaçable. Il est tout comme les tumulus et les vestiges archéologiques, protégé par la loi. Tous sont uniques, de grande valeur et fragiles. Respectez l'héritage rupestre de l’Afrique en profitant de la vue qu’il vous offre mais ne marchez pas dessus, ne le dégradez pas en le touchant ou en prélevant des morceaux.
Ne verser aucun liquide dessus et n’y ajoutez aucun dessin à la craie. Les liquides projetés ou appliqués à l’éponge dans le but de faire ressortir le dessin causent des dommages irréversibles alors que la craie empêche les datations du vernis appliqué à l’époque. Soyez attentifs à la propreté du site et de ses environs pour les prochains visiteurs.
QU’EST-CE QUE JE PEUX FAIRE?
- Respecter l’art rupestre pour sa grande valeur, son histoire, sa beauté et sa fragilité.
- Signaler aux autorités locales ou directement à TARA tout acte de vandalisme tel que graffiti ou vol.
- Signaler les sites que vous découvrez au musée le plus proche ou à TARA.
- Participer à l’effort de conservation de l’art rupestre en faisant un don à TARA (voir sur www.africanrockart.org)
- Envisager une carrière dans la gestion et la conservation de l’art rupestre.
|
|
 |